Le rôle des organisations communautaires rurales dans la prévention et la lutte contre ces pratiques

Le rôle des organisations communautaires rurales dans la prévention et la lutte contre ces pratiques

La violence à l'égard des femmes revêt différentes formes, dont : la violence domestique; le viol; le trafic de femmes et de filles; la prostitution forcée; la violence dans les conflits armés, dont le viol systématique, l'esclavage sexuel et la grossesse forcée; les meurtres d’honneur; la violence liée à la dot; l'infanticide des petites filles, la sélection prénatale en fonction du sexe favorable aux garçons; les mutilations génitales féminines (ONU-Femmes, 2000). Cette pratique peut également se définir comme un ensemble d’actes violents : la violence physique ayant entraîné la mort, des blessures ou des voies de fait; la violence psychosociale/psychologique résultant de l’intimidation, du harcèlement et de la persécution; et le harcèlement sexuel, la violence et les sévices sexuels (OIT, 2017). Cet ensemble peut aussi inclure les incidences de la violence domestique sur le lieu de travail. Aux États-Unis, on estime que la violence domestique occasionne la perte de 8 millions de journées de travail par an, ce qui représente une perte de productivité d’un coût économique de 2,5 milliards de dollars, toujours selon le document de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Les femmes et les filles représentaient 50% des victimes de la traite des personnes en général, mais plus de 80% quand il s’agit de la traite à des fins sexuelles (ONU, 2018). Selon le Rapport sur le développement mondial de 1993, publié par la Banque mondiale, on y mentionne déjà que le viol et la violence familiale ont une incidence plus néfaste sur l'espérance femmes que le cancer du sein, le cancer du col de l'utérus, le travail forcé, la guerre ou les accidents liés aux véhicules à moteur. La violence domestique, notamment le fait de battre les femmes, constitue sans doute la forme la plus courante de violence perpétrée à l'encontre des femmes. Dans les pays où des études fiables et de grande envergure ont été menées sur la violence fondée sur le sexe, on signale que plus de 20 % des femmes ont été victimes d'abus commis par l'homme avec lequel elles vivent (ONU-Femmes, 2000). Le coût annuel de la violence émanant du partenaire intime s’élève à 5,8 milliards de dollars américains aux États-Unis et à 1,16 milliard de dollars américains au Canada (UNIFEM, 2020). Le pire, les enfants, filles ou garçons, qui ont été témoins ou qui ont subi des violences sexistes sont plus susceptibles de devenir victimes ou maltraitants au cours de leur vie. Depuis l'épidémie de COVID-19, la violence contre les femmes et les filles s'est intensifiée dans les pays du monde entier. Les données disponibles montrent que seules 40 % des femmes victimes de violence demandent de l’aide, quelle qu’elle soit. Rares sont celles qui ont recours aux mécanismes formels, parce qu’elles ont honte, qu’elles craignent des représailles ou qu’elles ignorent les modalités d’accès à l’aide (ONU-Femmes, 2020).

Violences à l’égard des femmes : une pandémie mondiale avec des conséquences multiples

La violence envers les femmes et les filles est une pandémie mondiale aux proportions alarmantes et qui est profondément ancrée dans l’inégalité entre hommes et femmes et la discrimination de genre.L’Union internationale des associations de travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de l'hôtellerie, de la restauration, du tabac et des produits connexes (UITA) indique que les femmes et les filles représentent ensemble environ 80 pour cent des victimes de la traite dans le secteur agricole d’après le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM, 2020). Les femmes et les filles constituent 55 % des victimes du travail forcé dans le monde, dont le nombre est estimé à 20,9 millions, et 98 % des personnes livrées à l’exploitation sexuelle, dont le nombre est estimé à 4,5 millions. Selon les estimations mondiales de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) (2017), 35% des femmes, soit près d'1 femme sur 3, indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre au cours de leur vie. Au niveau mondial, pas moins de 38% des meurtres de femmes sont le fait de leur partenaire intime masculin. Dans le monde, pas moins de 38% de l’ensemble des meurtres de femmes sont commis par leur partenaire intime. Outre la violence exercée par le partenaire intime, 7% des femmes dans le monde indiquent avoir subi une agression sexuelle de la part d’une personne autre que le partenaire, bien que les données concernant ces cas soient limitées.

L’OMS a présenté un ensemble de facteurs de risque qui engendre la violence envers les femmes:

 1. Facteurs de risque concernant la violence exercée par le partenaire intime et la           violence sexuelle :

  • faible niveau d’instruction (pour les auteurs comme pour les victimes);
  • exposition à la maltraitance pendant l’enfance (auteurs et victimes);
  • exposition à la violence familiale (auteurs et victimes);
  • troubles antisociaux de la personnalité (auteurs);
  • usage nocif de l’alcool (auteurs et victimes);
  • multiplicité des partenaires ou suspicion d’infidélité de la part du partenaire (auteurs);
  • attitudes tendant à légitimer la violence (auteurs);
  • normes prévalant dans la communauté qui privilégient l’homme ou lui assignent un statut supérieur à celui de la femme;
  • faible niveau d’accès à un emploi rémunéré pour les femmes.

 2. Facteurs de risque associés à la violence exercée par le partenaire intime :

  • antécédents d’actes violents;
  • mésentente et insatisfaction conjugales;
  • difficultés de communication entre partenaires;
  • comportements dominateurs des hommes envers leur partenaire.

 3. Facteurs de risque associés à la violence sexuelle :

  • croyances relatives à l’honneur de la famille et à la pureté sexuelle;
  • idéologies sur les droits sexuels de l’homme;
  • faiblesse des sanctions juridiques contre la violence sexuelle.

Les coûts socio-économiques de la violence du partenaire intime et de la violence sexuelle sont énormes et se répercutent dans toute la société. Les femmes peuvent souffrir d’isolement, d’inaptitude au travail, de perte de salaire, de non-participation à des activités régulières et d’une capacité limitée à prendre soin d’ellesmêmes et de leurs enfants. Il est avéré que la violence domestique est génératrice de perturbations dans la vie au travail, de taux d’absentéisme élevés, de diminution des revenus personnels, de changements d’emploi fréquents et d’une augmentation de l’emploi occasionnel et à temps partiel (BIT, 2017). En ce qui concerne les violences à l’égard des femmes, la région de l’Amérique Latine et des Caraïbes affiche le plus macabre des bilans. Rien qu’au Mexique, chaque jour, neuf femmes sont assassinées et toutes les 18 secondes une femme se fait violer.